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L’évolution des taux d’intérêts des 17 dernières années et demain ?

Les institutions de prévoyance souffrent dramatiquement de la situation négative des taux d’intérêts car il ne leur est désormais plus possible d’atteindre l’anthologique triple qualité des placements recherchés : rendement, liquidité, sécurité.

Mais que s’est-il passé ?

Dans les années 2000, l’excédent mondial de liquidités s’inscrit en contrepartie d’un endettement généralisé sur l’immobilier et les matières premières. Les prix augmentent durant 10 ans depuis le début du siècle entraînant une très forte inflation. En 2005, dans de nombreux pays la bulle immobilière éclate et produit un effet direct sur les banques d’investissement et un blocage du marché interbancaire.

Cette même décennie est également marquée par la crise pétrolière.

Et rappelons-nous que durant l’été 2007, les prêts hypothécaires américains deviennent l’élément déclencheur de la crise financière dite des « subprimes » marquant l’entrée en récession des USA et mettant fin à un cycle de croissance de plus de 6 ans. Il s’ensuit à fin 2008, les estimations et prévisions de l’OCDE par lesquelles plusieurs pays (zone euro, US et Japon) auraient une croissance négative entraînant une montée du chômage généralisée. L’OCDE évalue alors le creux de cette crise à mi-2009. Dès 2008, se succèdent des plans de relance économique dans tous les pays : USA, Australie, Royaume Uni, Japon, Allemagne. Le monde est plongé dans une grande crise économique où les efforts des différents Etats se chiffrent en milliards d’euros et de USD.

Au cœur des pressions monétaires, la BNS décide en décembre 2014 d’introduire un taux d’intérêts négatif. Elle entend ainsi rendre la détention de placements en francs suisses moins attrayante et éviter une appréciation de ces derniers. Pour ce faire, elle annonce alors être prête à acheter des devises en quantité illimitée. Elle détiendra à fin 2014 quelques 180 milliards d’euros. Janvier 2015, l’euro continue sa progression négative et la BNS ne peut plus tenir sa politique de soutien du taux plancher.

Où en est-on ?

La BNS, à l’instar de la BCE, a continué à mener une politique monétaire expansionniste depuis lors. Aujourd’hui, même si elle demeure prudente, elle constate une conjoncture mondiale plutôt positive. Cela étant, le franc suisse continue à être surévalué, risquant ainsi d’entraîner des difficultés à l’exportation et une hausse du chômage. La BNS continue de contribuer à diminuer la pression sur la monnaie helvétique en intervenant sur le marché des changes et par le biais des taux d’intérêts négatifs.

Et après ?

Les économistes suisses font état d’une situation conjoncturelle plutôt rassurante et pour qu’elle le reste, il faut, selon eux, que la BNS maintienne une monnaie pas trop attractive pour l’ensemble des investisseurs mondiaux. Mais dans l’évolution mondiale politique et financière, est-ce vraiment possible ? L’Euro va devoir prochainement digérer les impacts financiers du Brexit, soit un risque de pression négative sur sa valeur. Dans le même temps, les tensions entre les USA et la Corée du Nord créent un flou sur l’évolution du USD. Peut-être que le futur proche pourrait afficher un résultat d’un triple zéro : inflation zéro, croissance zéro, taux d’intérêt zéro.

2017-10-26T13:48:15+00:00

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