LORIMA Sàrl | Loan Risk Management

Le challenge des Caisses de pension est une optimisation sous contraintes

Pour pouvoir examiner les questions d’actualité, je les pose souvent sous une forme « mathématique ». Dans le cas de la prévoyance, mon approche avance le postulat suivant :

Les Caisses de pension sont tenues d’optimiser les revenus de leurs assurés en leur versant une rente calculée sur le capital qu’ils ont constitué au fil des ans avec un taux de conversion fixe et dont la durée de la rente est fonction directe de l’espérance de vie à 65 ans (soit actuellement environ 20 ans).

Cette optimisation doit être menée sous les trois contraintes cumulatives suivantes :

  1. démographique : le nombre des retraités augmente plus vite que le nombre de jeunes actifs et l’espérance de vie à la retraite s’allonge ;
  2. économique : les taux d’intérêts sur les marchés financiers à niveau 0 voire négatifs sur la liquidité;
  3. politique (décisions du Conseil Fédéral 2018) : taux de conversion LPP 6,8% et taux minimal sur l’avoir vieillesse 1%.

L’équilibre de cette équation est ainsi touché de plein feu par le vieillissement démographique et l’accroissement de la population. La modification de la pyramide des âges, qui voit le nombre de personnes âgées augmenter par rapport aux jeunes générations, représentera dans les prochaines décennies un défi pour la Suisse. Le vieillissement démographique signifie, que la part des générations plus âgées (65 ans ou plus) augmente et que celle des personnes plus jeunes (0–19 ans) diminue.

Par ailleurs, le Conseil Fédéral a fixé le taux de conversion, soit le taux utilisé par les Caisses de pension pour transformer l’avoir de vieillesse en rente, à 6,8% et le taux d’intérêt minimal sur l’avoir-vieillesse à 1%. Ce dernier tient compte de données économique et financière tels que le rendement des obligations de la Confédération, l’évolution des actions et des obligations ainsi que du marché immobilier.

A propos des marchés financiers, l’année 2017 a été extrêmement favorables aux Caisses de pension qui ont alloués fortement leur fortune aux actions. Si aucun économiste ne possède encore de boule de cristal pour lire l’avenir, il n’en demeure pas moins que pour le 1er semestre 2018 chacun fait état en général d’une bonne santé économique des entreprises, une absence d’inflation et conclue que le taux d’intérêt zéro (voire négatif) pourrait perdurer encore au moins durant ce premier semestre.

Il en résulte qu’à court et moyen terme (soit les 20 prochaines années), les Caisses de pension doivent allouer leur fortune de façon très rigoureuse et intelligente pour être à même de servir des prestations à la retraite en poursuivant toujours le fameux triple objectif:  liquidités, rentabilité et sécurité. Aujourd’hui, les fonds ont été largement attribués aux actions, aux obligations et à l’immobilier. Aussi, les Caisses de pension recherchent, dans l’attente d’une potentielle hausse des taux, des solutions alternatives à la détention de liquidités. L’investissement hypothécaire (direct ou indirect à travers des fonds) devient une possibilité de plus en plus souvent examinée. Ce placement, et pour autant qu’un système de contrôle adéquat soit mis en place, s’avère une bonne source de diversification qui respecte alors entièrement le triple objectif mentionné ci-dessus.

Bien évidemment, la question de l’avenir des prestations retraites est loin d’être réglée et elle suscite d’ailleurs grand nombre de débats tant factuels qu’émotionnels. Les économistes et politiciens devront peut être envisager une refonte totale du modèle de nos trois piliers compte tenu que le monde actuel ne correspond plus à la situation démographique, économique et politique dans laquelle est né notre système de prévoyance de retraite.

By | 2018-01-15T15:35:47+00:00 janvier 15th, 2018|Newsletter / Printemps 2018, Publications|0 Comments

About the Author:

Au bénéfice d’un master en économie politique et d’une longue expérience dans le domaine des crédits hypothécaires bancaires, Sylvie Hoecht été amenée au cours de sa carrière à développer des processus bancaires pour différents types de financements hypothécaires. Elle a été responsable d’un département d’analyse et d’administration des crédits d’une banque de droit suisse acquérant ainsi une expérience et une compétence élevées et reconnues en gestion managériale. La Fondation Hypotheka l’a ensuite engagée dans un contexte de crise en lui confiant sa direction dès avril 2014, afin de constituer une équipe opérationnelle et autonome avec l’objectif de sauvegarder les capitaux investis dans des prêts devenus litigieux. Une mission accomplie avec succès. Riche de ce savoir-faire, elle crée la société LORIMA sàrl (Loan Risk Management) spécialisée dans la maîtrise des risques hypothécaires au service des investisseurs institutionnels.

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