LORIMA Sàrl | Loan Risk Management

EDITO / Newsletter hiver 2018

Voilà 20 ans que la Caisse de pension autonome des Industries Mec’Anneaux SA investit dans les prêts hypothécaires directs en Suisse. Cette classe d’actifs atteint aujourd’hui une somme de CHF 95 millions, représentant une proportion d’environ 1 % de sa fortune totale de placement. Ces placements n’ont jusqu’à lors rencontré aucune anicroche et demeurent encore profitables dans un monde à taux d’intérêts négatifs.

Le Directeur de la Caisse de pension, Félicien Grinet, souhaite envelopper davantage les hypothèques, ces dernières présentant une très bonne source de diversification. En plein bouclement des comptes annuels et avant de rencontrer prochainement le réviseur, comment peut-il s’assurer que ces investissements hypothécaires soient sécurisés ? Félicien Grinet s’entretient à ce propos avec Sylvie Hoecht, spécialiste hypothécaire et Fondatrice de Lorima.

Est-ce que la règle de dilution des risques confère une protection suffisante pour contenir tout évènement contentieux ou litigieux de notre portefeuille ?

Non, cette règle permet uniquement de limiter le montant de la perte par rapport à la fortune totale, dans le cas de la Caisse de pension autonome des Industries Mec’Anneaux SA, un risque de CHF 95 millions tout de même.

Quels sont les principaux risques à vérifier dans notre portefeuille de placement hypothécaire ?

Les prêts hypothécaires incorporent des risques d’ordre juridique, économique et de solvabilité. C’est ainsi que chaque créancier doit s’assurer notamment (la liste n’étant de loin pas exhaustive) que tous les actes contractants soient valables et en force, que les emprunteurs présentent une situation financière saine, que toutes les garanties soient conservées de façon sécurisée et qu’elles soient dument inventoriées, que les échéances d’intérêts et d’amortissement soient parfaitement tenues, etc.

Outre les risques endogènes du crédit, il ne faut pas négliger non plus les impacts de l’évolution de la vie de l’actif sous-jacent : l’immeuble gagé a pu se déprécier suite à des modifications foncières, la valeur résiduelle du gage a pu s’amoindrir suite à la vente lots PPE, l’état locatif a pu diminuer suite à la révision des taux référence et la diminution des taux d’intérêts, des appartements vacants n’ont pas trouvé de locataire, travaux de rénovation n’ont pas été effectués, la valeur d’assurance est insuffisante, etc.

Quelles mesures devraient-être prises si des risques sont décelés ?

Tout va naturellement dépendre de la nature du risque en question et de la probabilité qu’il se réalise ! Si parfois un simple acte administratif peut être suffisant, il peut être également nécessaire de déterminer un besoin de provision pour perte en capital ou en intérêts, de modifier les cédules hypothécaires détenues en garantie, de demander un remboursement partiel ou intégral du prêt. Il y a aussi lieu souvent de mettre en place un simple suivi de surveillance.

Qu’en est-il de la responsabilité de la Caisse de pension si la gestion des crédits est confiée à une société externe ?

La sécurisation des placements hypothécaires doit impérativement être intégrée dans le mandat donné à la société de gestion. A cet égard, la Caisse de pension doit s’assurer que la société a mis en place un système de contrôle interne (SCI) spécifique et que toute anomalie lui soit reporté. Cela étant, la responsabilité du contrôle de l’exécution dudit mandat et des contrôles de bon fonctionnement interne incombe à la Caisse de pension, celle-ci étant créancière des prêts octroyés et administrés.

La Caisse de pension est annuellement auditée et révisée, ces risques sont-ils intégrés dans l’examen du réviseur ?

Le cahier des charges de l’auditeur/réviseur est clairement défini dans le mandat qui lui est confié. S’il effectue des contrôles aléatoires sur les placements de la Caisse de pension, il ne peut aucunement être tenu responsable en cas de survenance de risques latents. Il demandera néanmoins à la Caisse de pension de mettre en place des contrôles et de comptabiliser des provisions pour risque de pertes.

Est-ce que Lorima peut nous aider à examiner les risques du portefeuille et le SCI de la société de gestion ?

C’est le cœur même de l’activité de Lorima : apporter sa compétence aux investisseurs hypothécaires institutionnels. Connaître les risques, c’est anticiper leur probabilité de survenance et ainsi pouvoir en limiter les impacts financiers futurs.

By | 2017-12-21T13:22:32+00:00 décembre 21st, 2017|Newsletter / Hiver 2018|0 Comments

About the Author:

Au bénéfice d’un master en économie politique et d’une longue expérience dans le domaine des crédits hypothécaires bancaires, Sylvie Hoecht été amenée au cours de sa carrière à développer des processus bancaires pour différents types de financements hypothécaires. Elle a été responsable d’un département d’analyse et d’administration des crédits d’une banque de droit suisse acquérant ainsi une expérience et une compétence élevées et reconnues en gestion managériale. La Fondation Hypotheka l’a ensuite engagée dans un contexte de crise en lui confiant sa direction dès avril 2014, afin de constituer une équipe opérationnelle et autonome avec l’objectif de sauvegarder les capitaux investis dans des prêts devenus litigieux. Une mission accomplie avec succès. Riche de ce savoir-faire, elle crée la société LORIMA sàrl (Loan Risk Management) spécialisée dans la maîtrise des risques hypothécaires au service des investisseurs institutionnels.

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